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« Crise de couple : Je crois que je ne l’aime plus. »

  • alicedabo
  • 23 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 déc. 2025


« Je crois que je ne l’aime plus. »

Cette phrase tombe comme un couperet. Comme si elle suffisait à tout expliquer. Pourtant, elle pourrait être suivie de tant de nuances. Elle ouvre même un véritable champ de questions :

Qu’est-ce que vous ne retrouvez plus en vous ? La joie ? Le désir ? La complicité ? L’envie d’être avec l’autre ?

Comment sait-on que l’on n’aime plus ? Après tout, aimer est une expérience mouvante, parfois déroutante.


Je répondrais d’abord : prenez le temps.

Accueillez la lassitude, la fatigue, la confusion — sans vous juger.

C’est un moment étrange : comme si un couple jouait sa pièce, puis soudain l’un sort de la scène, regarde de loin, un peu incrédule, et dit : « Non, je ne veux plus jouer dans cette pièce. Je ne veux plus être acteur de ça. Cette histoire ne me convient plus. »

Alors, que s’est-il passé pour qu’il ne soit plus possible de continuer ?


Au début, il y a l’usure, l'ennui, la lassitude. Puis parfois de la colère ou du chagrin, parce qu’on aimerait bien avoir encore envie de poursuivre ce qui fonctionnait. Mais un jour, on ne peut plus. Il devient nécessaire de changer de décor. On croit parfois qu’il faudrait changer d’acteur ; alors qu’il est surtout urgent… de réécrire le texte.



couple en pleine crise, qcouple qui veut faire une thérapie de couple

Pourquoi cette relation qui a tant compté devient-elle soudain « un poids mort », « une vieille deux-chevaux », « un four tiède », ou même « un champagne sans bulles » ?

(Ce sont des images que mes patients utilisent, et j’aime la justesse symbolique qu’elles portent.)

Pourquoi ce qui faisait vibrer paraît-il aujourd’hui prévisible, sans surprise, presque trop connu ?


Non, la solution n’est pas de « retrouver la raison » ni de retourner docilement dans « le four tiède ». Une crise est toujours le signe qu’un mouvement doit s’opérer, dans le couple comme pour chacun des partenaires. La relation a besoin d’être réveillée, bousculée. Parce que nous changeons tous les jours. Et si nous ne prêtons plus attention à ces transformations, si nous cessons de regarder l’autre évoluer… nos chemins se séparent sans bruit.


Heureusement, l'un finit par se questionner : « Suis-je encore amoureux ? »

Peut-être que non. Mais est-ce grave ? Pas nécessairement.

Je vous invite à remplacer « Je crois que je ne l'aime plus », par"Je crois que je n'aime plus ce que je vis".

C’est le moment de secouer le cocotier.



Se retrouver :

un travail à deux (ou à trois)


C’est le moment idéal pour s’interroger ensemble (ou avec un conseiller conjugal) :


Où en sommes-nous de nos connexions amoureuses ?

  • Émotionnelle (exprimer ses émotions, ses ressentis, écouter sans jugement)

  • Intellectuelle (avoir des débats d'idées, échanger des concepts, réfléchir ensemble)

  • Ludique et créative (rire, s’amuser, inventer, jouer ensemble)

  • Corporelle (se caliner, avoir une sexualité épanouie, se toucher) 

  • Quotidienne (organiser la vie de tous les jours sans perdre le lien)

  • Existentielle (partager ce qui fait sens, les valeurs profondes)


En thérapie, je suis souvent frappée : beaucoup de couples se disent qu’ils se connaissent parfaitement. Puis, en explorant ensemble, ils découvrent que l’autre a changé, que l’image qu’ils gardaient de lui n’est plus à jour. Ils n'échangeaient plus, pensant savoir. Et chacun continuait à danser la valse du début… en se marchant un peu sur les pieds.


Quand on accepte cela, un espace s’ouvre. Chacun peut quitter le rôle qu’il croyait devoir jouer et entrer dans l’improvisation, avec la personne qu’il est aujourd’hui. Alors les masques tombent — et c’est tant mieux. Parce que la sensation d’être vraiment vu, vraiment entendu, renaît. La danse peut reprendre.


Restez curieux de l’autre.

Je n’ai pas de meilleur conseil.

 
 
 

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